La tentation qui retourne la BNF

25 Août 2009, 22:28  -  #Architectures


940. D'un coté, la Bibliothèque Nationale de France, l'institution publique aux quatorze millions de livres et imprimés, fruit de 650 ans de conservations, de mutations, d'évolutions. De l'autre, Google, le géant américain de l'Internet, âgé de 11 ans et revendiquant plus de mille milliards de pages web indexées et, entre autres, plus de 10 millions de livres numérisés sur son interface Google Books avec l'association de vingt-neuf bibliothèques américaines, anglaises, allemandes ou espagnoles. Résistante de la première heure à l'hégémonie de Google sur le livre mondial, la BNF pourrait bien prochainement changer son fusil d'épaule et accepter de céder le travail de numérisation de ses œuvres au géant des temps modernes. Pour les seuls ouvrages de la IIIe République, cette numérisation coûtera entre 50 et 80 millions d'euros selon Denis Bruckmann, directeur général adjoint et directeur des colletions de l'établissement français. Or, pour son projet français de bibliothèque numérique, la BNF n'est dotée d'un budget que de 5 millions d'euros par an. Le problème ? En échange de la prise en charge des frais de numérisation d'ouvrages sélectionnés par ses soins, Google s'octroierait le libre arbitre quant au choix des livres et à leur indexation et diffusion. De quoi rendre fous quelques irréductibles Gaulois, comme l'ancien directeur de la BNF Jean-Noël Jeanneney qui pointe le risque d'une "domination écrasante de l'Amérique dans la définition de l'idée que les prochaines générations se feront du monde".
Et on fait quoi, en Gaule, pour éviter ça ?