La photo pas vraiment interdite (2)

par Nikeush  -  22 Janvier 2009, 23:27  -  #Deux tons et uniformes


Cette note est la suite de celle qui la précède.

725. …c'est en me rendant au-dit camion que j'en profite pour prendre ce cliché. L'officier, pendu au téléphone (effectivement, j'imagine que ce pauvre homme avait autre chose à faire que de regarder le numéro de ma carte), ne prête aucune attention à moi. Je décide donc de retourner faire quelques clichés. Là, je vise un peloton de gendarmes aligné contre un mur quand l'un d'entre eux me refait le même coup que son pote policier. S'ensuit une conversation du type combat de coqs entre cet homme et moi, sur laquelle je demanderai aux fidèles lecteurs de ce blog spécialisés dans le droit, et je dirais même le droit de la propriété intellectuelle (suivez mon regard), de porter une attention toute particulière en vue d'y apporter un éclairage lumineux et… droit.
Lui : "Vous ne prenez pas de photos monsieur, qui vous en a donné l'autorisation ?".
Moi : "Euh…", me retournant fébrilement et pointant du doigt le policier au téléphone à qui je n'avais adressé le moindre mot. "L'officier là-bas".
Lui : "L'officier, ici, c'est moi. Lui, c'est un officier de police. Ces hommes sont les miens, je vous interdit de les prendre en photo".
Moi : Ah oui ? Et je peux savoir ce qui vous autorise à croire que vous avez le droit de me l'interdire ?"
Lui : "Le droit à l'image !" (note de l'auteur : ah… le droit à l'image des forces de l'ordre, un sujet largement débattu sur Internet…)
Moi : "Mais monsieur, le droit à l'image ne m'interdit pas de prendre quelconque photo. Il n'est engagé qu'en cas de diffusion des images !"
Lui : "Si je vous dit que je vous l'interdit, c'est comme ça !"
Moi : "Peut-être, mais comme vous n'avez absolument pas le droit de le faire, je vais continuer à photographier qui je veux, et en particulier les forces de l'ordre !"
Lui : "Je vous l'interdit au nom du droit à l''image"
Moi, sentant que je commence à le faire douter puisqu'il me fuit du regard : "Mais monsieur, il n'y a aucun problème de droit à l'image si, par exemple, je décidais de flouter les visages. Et puis de toute façon, j'ai ma carte de presse (je lui avait présentée entre temps), je suis sur un lieu public où il se produit un événement justifiant qu'un journaliste y fasse son travail (60 interpellations ont été effectuées !). Vous outre-passez vos droits et vous le savez très bien. Alors laissez moi faire mon travail…"
Je me suis retourné, ai avancé de quelques mètres, shooté deux ou trois fois, et tout ce beau monde, les interpellations étant finies, est reparti aussi vite qu'il était arrivé.
J'avais rarement vu gendarmes et policiers aussi tendus avec un journaliste (seul de surcroît), d'autant plus dans une situation maîtrisée. Mais les interpellés n'étaient pas le genre de types qui font rire les uniformes : ils étaient tous membres des MDI, le nouveau mouvement de Kémi Séba. Ils projetaient de manifester sans autorisation préfectorale.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Tyler 31/01/2009 16:16

Tout est déjà plus ou moins sur cet excellent blog que je recommande  http://pi-tic.over-blog.com/ mais je vais faire asap une réponse illustrée et complète à ta question! A suivre....

Mattintouch 23/01/2009 09:40

Mais en fait... tu le diffuse... et t'as pas l'autorisation!!! Donc tu lui donne raison :)T'as un twitter?A+Matt/

Nikeush 23/01/2009 11:28


Tiens ! Ça me fait plaisir de te voir commenter ici Matt !
En fait, il y a plusieurs aspects :
-Si cela m'avait été demandé gentiment, j'aurais flouté. Mais je n'aime pas céder face aux gens qui m'agressent.
-Ensuite, je crois savoir, mais c'est aussi pour ça que je fais appel à mes amis juristes et en particulier à Régis (que tu ne connais pas), que dès lors qu'ils sont en uniforme sur la voie
publique, les policiers abandonnent leur droit à l'image. Ils sont l'Etat.
-Enfin, titulaire de la carte de presse et utilisant l'image dans son contexte et à chaud, je pense avoir le droit de prendre (ça c'est sur) et diffuser la photo dans ces conditions.
J'attends infirmation ou confirmation de Régis ou quelqu'un d'autre.

Par ailleurs : j'ai un Twitter (Nikeush) mais je n'y comprend rien donc ça fait deux mois que je n'y ai pas touché…

A bientôt !