La photo pas vraiment interdite

par Nikeush  -  21 Janvier 2009, 23:51  -  #Deux tons et uniformes


724. La scène s'est passée ce soir à la sortie du métro Etienne-Marcel. Il devait être entre dix huit et dix-neuf heures. Averti assez vite de la présence de nombreux girophares dans le quartier, je saute de mon bureau, D2 autour du cou, excité comme un gamin peut l'être dix à douze minutes avant un épisode de Bob l'Eponge. Bref, il se passe un truc !
Arrivé sur place, je vois des cars de police et de gendarmerie un peu partout dans le grand carrefour, des lascars par tournées de douze dans les fourgons et des dizaines de représentants de l'ordre bloquant l'accès à la station. Tout le monde est calme mais la tension est plus que palpable. Je fais claquer un premier flash mi-réglage mi-vue d'ensemble, et je me fraie un chemin dans la foule toute disposée à me laisser une bonne place. N'attendant pas de me retrouver au milieu de la scène, je m'appuie sur une rembarde pour photographier des policiers en train de fouiller leurs proies à la chaine quand l'un d'eux (un policier) me saute dessus en tentant d'arracher mon appareil en le tirant par l'objectif et en me hurlant un truc incompréhensible au visage… C'est à cet instant précis, juste avant qu'il ne saisisse l'objectif, que le coup est parti… Dommage que je n'ai pas un petit visage entre les doigts du pouvoir…
La suite ?
Dans les premiers dixièmes de seconde, j'en déduit que visiblement, ce représentant des forces de l'ordre est sous tension. Mais l'appareil, on n'y touche pas comme ça mon vieux ! Il tire le Nikon en me faisant avancer de deux mètres pendant que je le défie du regard en lui disant qu'il va commencer par être, sinon courtois, au moins poli. Il me grommelle (quoiqu'à bien y réfléchir, je me demande s'il ne blatérait pas…) un truc agressif que je traduirait par "voulez-vous, monsieur, ne pas prendre de photos et me présenter votre carte de presse ?". Mais plus dans le style Rosco P. Coltrane… Après avoir un tantinet ajouté à la tension entre cet homme et moi en lui réitérant ma volonté qu'il baisse d'un ton, j'obtempère et il me dit d'aller m'adresser à l'officier de permanence, "la personne au téléphone, là-bas, derrière le camion".
Suite dans la note 725