Et qu'on ne me dise plus : "Dieu est amour"

par Nikeush  -  22 Juin 2008, 22:30  -  #Manifs


511. Tout est parti de l'agression de Rudi, 17 ans, rue Petit, dans le 19e arrondissement, hier soir. Un acte ingrat, lâche, injustifiable et inexcusable. Comme Rudi est juif, l'agression est présumée antisémite. Si ce n'est pas le cas, on le saura plus tard, quand la pression sera retombée. En attendant, envoyé cet après-midi sur place pour couvrir une prière sur les lieux du tabassage, j'ai moi-même, comme tous les journalistes présents (ceux, en tous cas, qui arboraient une caméra, un micro ou un appareil photo) été pris à partie (je précise ici, et c'est important, que les personnes que l'on voit ici au premier plan, en particulier celle qui parle, ne sont pas celles qui m'ont menacé. Ce jeune homme (peut-être de la famille?) était même clairement pacifiste et disposé à expliquer son point de vue aux caméras, ce qu'il s'est vu lui-même reproché). Faire des photos de ce rassemblement public sur un lieu public était tout simplement interdit par une bande de racailles qui se prétendaient du coté de Rudi. Pourtant, ce sont eux qui ont refusé de respecter la prière lue pour la jeune victime ainsi que la minute de silence en son honneur.
Un grand, sec, lunettes noires et écouteur d'Ipod dans l'oreille droite façon responsable de la sécurité, me lance un "premier avertissement" en me voyant faire un cliché. Je lui demande qui est-il pour se le permettre : il me répond être un citoyen juif qui prend les choses en main quand la police refuse de le faire.
Personnellement, ça fait bien longtemps que je ne crois en aucun dieu. Pour moi, être catholique, juif, musulman, bouddhiste ou croire en la Chèvre de Monsieur Seguin, c'est du pareil au même. Mais si j'étais juif, hier, j'aurais eu honte de ma jeunesse. Irrespectueuse, menaçante et violente, bafouant les droits de tout-un-chacun et proférant des insultes xénophobes sous prétexte qu'elle en est victime. Si vous voulez vous faire détester les gars, ne vous y prenez pas autrement. Et malheureusement pour ceux qui acceptent le dialogue et les caméras, dans un sens comme dans l'autre, les clichés mettent toujours tout le monde dans le même sac.
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